Et si, pour rencontrer le public, il fallait changer de lieu ?

Saison 2 · Épisode 13 · Série accessibilité

Et si, pour rencontrer le public, il fallait changer de lieu ?

Avec Hélène Paillette, productrice de concerts et créatrice des Concerts à la Ferme

Pourquoi j’ai voulu faire cet épisode

Quand on parle d’accessibilité dans le spectacle vivant, on pense d’abord aux personnes en situation de handicap. C’est d’ailleurs par là que cette série a commencé, avec Enora Le Fustec au Théâtre Mogador.

Mais il existe une autre barrière, plus silencieuse : la distance. Celle des kilomètres, quand on vit loin des grands centres. Et celle, plus difficile à mesurer, du « ce n’est pas pour moi ».

Depuis mon retour en France, je mesure à quel point tout se concentre dans quelques grandes villes. Hélène, elle, a décidé de ne pas attendre que les gens viennent. Depuis 2023, elle fait entrer la musique classique, lyrique et jazz dans des granges, des étables et des exploitations agricoles.

Je voulais comprendre ce que ça change, concrètement, quand on inverse le mouvement.

Ce que tu vas entendre dans cet épisode

Hélène raconte :

•       d’où vient son rapport à l’accessibilité, et le déclic qui l’a fait sortir des salles ;

•       pourquoi la ferme : un lieu que tout le monde identifie, dans son propre village, et qui enlève déjà une barrière ;

•       comment elle embarque les agriculteurs, qui deviennent les hôtes de la soirée et ses meilleurs ambassadeurs auprès de leurs voisins ;

•       comment elle choisit les artistes et construit le programme pour des gens qui ne sont pas forcément connaisseurs : des grands airs qu’on reconnaît sans le savoir, et des pièces qui surprennent ;

•       ce qu’implique un concert dans un lieu qui n’est pas fait pour ça : le froid, la chaleur, la boue, les courants d’air ;

•       le choix de la participation libre, et ce qu’il demande côté organisation ;

•       ce qu’elle a appris et ajusté en quatre éditions.

« En déplaçant le concert, on déplace aussi la relation au public. »

— Nada to Data, avec Hélène Paillette

Avec quoi on ressort
  • Que l’accessibilité ne se décrète pas. Elle se construit dans des détails très concrets : le lieu, l’accueil, le programme, les artistes, la confiance avec un territoire.
  • Qu’en déplaçant le concert, on déplace aussi la relation au public. Les artistes descendent du piédestal. Le public devient acteur du moment.
  • Que remplir une fois ne suffit pas. Penser à celles et ceux qui reviendront l’année suivante, c’est de la fidélisation, même sans CRM.

Et peut-être surtout : la bonne question n’est pas « comment faire venir les gens ? », mais « qu’est-ce qu’on est prêt à changer pour aller vers eux ? ».

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Changer de billetterie : dans les coulisses du chantier (et le bilan, trois mois après)

Saison 2 · Épisode 12

Changer de billetterie : dans les coulisses du chantier

Avec Yann Simonneaux, responsable de l’accueil et de la billetterie à L’Azimut

Pourquoi j’ai voulu faire cet épisode

On entend souvent parler des changements de billetterie une fois qu’ils sont terminés. Avec le recul, tout paraît logique. Les doutes ont disparu.

Avec Yann, j’ai voulu faire l’inverse : enregistrer pendant que le chantier était en cours, quelques semaines avant l’ouverture des ventes de la nouvelle saison, le 17 juin.

Parce que changer de logiciel de billetterie, ce n’est pas remplacer un outil par un autre. Ça touche les équipes, les processus, les données, le parcours spectateur. Et c’est en plein milieu qu’on voit ce que ça remue vraiment.

Ce que tu vas entendre dans cet épisode

Yann, responsable de l’accueil et de la billetterie à L’Azimut, raconte :

•       ce que recouvrent l’accueil et la billetterie dans un lieu comme le leur, bien au-delà de la vente de billets ;

•       comment la décision de changer d’outil a mûri ;

•       comment le projet est devenu collectif, et ce que d’autres services ont dû revoir dans leur façon de travailler ;

•       les questions très concrètes sur les données : ce qu’on garde, ce qu’on nettoie, ce qu’on veut retrouver dans le nouvel outil ;

•       les tests avec les publics et l’accompagnement au changement ;

•       les arbitrages nécessaires pour ne pas vouloir tout faire d’un seul coup.

Trois mois après : le bilan

En septembre, trois mois après l’ouverture des ventes, j’ai rappelé Yann. La saison démarrait le soir même, et une panne de réseau compliquait la journée. Il a quand même pris le temps de me raconter la suite.

Alors, ce changement de billetterie, quel bilan ?

« On est hyper contents d’avoir changé. Ça s’est vraiment bien passé. On a vu une augmentation des ventes et du nombre d’adhérents. Est-ce que c’est le logiciel, le contexte ? Je pense que c’est un mélange de plein de choses. »

Le premier jour pesait lourd : « On fait à peu près un cinquième des ventes de la saison le premier jour. Il ne fallait pas qu’on se loupe. » En septembre, une quinzaine de spectacles affichaient déjà complet.

Dans l’épisode, tu parlais de tests avec des spectateurs. Qu’est-ce qu’ils vous ont appris ?

« On a sélectionné une dizaine de personnes, des complices : des bénévoles qui nous aident sur plein de sujets. Ils venaient sur place, on restait un peu dans un coin. La seule consigne, c’était d’acheter des adhésions, sans qu’on les guide. »

Et ce qui en est ressorti : « Il y avait des habitudes de l’ancien logiciel à déconstruire. Les gens avaient l’habitude de nommer chaque place de leur adhésion, ce qu’on n’avait pas prévu. Et certains endroits du parcours n’étaient pas intuitifs. »

Une scène l’a marqué. Deux testeurs, en même temps : « Les complices qui n’étaient pas du tout à l’aise avec Internet s’en sont sortis très rapidement. La personne habituée à l’ancien logiciel, elle, était en mode : je ne comprends rien à votre nouveau logiciel. »

Si c’était à refaire, tu ajusterais quoi ?

« Le temps. On pensait que ça prendrait une demi-heure, une heure. C’était parfois une heure et demie par personne. » Et le panel : les complices étant plutôt âgés, l’équipe a ajouté deux ou trois profils plus jeunes pour tester tous les tarifs.

Et le tutoriel vidéo, il a servi ?

« On a hésité à le faire, parce que ça prenait beaucoup de temps. Les anciens faisaient une centaine de vues au maximum. Celui-ci, 400 ou 500. Je pense que ça a aidé. »

Qu’est-ce que vous avez tranché depuis l’épisode ?

La question du compte client, encore ouverte quand on avait enregistré, est réglée : « Jusqu’en novembre, quand se font 95 % des adhésions, le compte reste obligatoire. À partir de décembre, il y a plus de musiques actuelles, des achats plus rapides. Là, on veut moins de blocage : on peut acheter sans créer de compte. »

Autre nouveauté, décidée au dernier moment : le paiement en trois fois dès 100 €, activé en juillet. Une trentaine de personnes l’avaient déjà utilisé en septembre.

Et une bonne surprise : la garde d’enfants pendant les spectacles, de 3 à 12 ans. « D’habitude, ça ne marche pas très bien. Avec la nouvelle interface, c’est mieux mis en valeur, et ça change tout. Certaines séances sont déjà complètes. »

Et pour l’équipe, ça a représenté quoi ?

« Une grosse charge de travail. Mais ça a soudé l’équipe. On a pris les décisions collectivement, chacun avait sa part. » Le chantier a touché bien au-delà de la billetterie : conditions de vente, RGPD, comptabilité, relations publiques, communication.

Son regret : « On n’avait pas suffisamment nettoyé le CRM en amont. S’il y a un changement d’outil, il faut le faire avant. »

Qu’est-ce qui reste à faire ?

« On vise décembre pour tout l’aspect billetterie, et juin pour le CRM. » Le mini-site dédié aux réservations scolaires est reporté à la saison 2027-2028. « C’est un logiciel tout jeune. On le maîtrise bien, mais on va encore apprendre. »

Dernière question : le soir du 17 juin, vous avez fêté ça ?

« On a sorti la bière. »

« Ça a été une grosse charge de travail. Mais ça a soudé l’équipe. »

— Yann Simonneaux, L’Azimut

Avec quoi on ressort
  • Qu’un changement de billetterie est un projet d’organisation, pas un projet informatique. Il touche l’accueil, la communication, les RP, la technique et la comptabilité.
  • Que tester avec de vrais publics, sans consigne, révèle ce qu’aucune équipe ne voit de l’intérieur.
  • Que les habitudes sont le vrai chantier : celles des équipes comme celles des spectateurs.

Et que le 17 juin n’était pas une ligne d’arrivée. C’était une étape.

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Tu prépares un changement d’outil de billetterie ou de CRM ? Parlons-en.

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Même les grands commencent petit : comment les données ont transformé l’expérience au Musée d’Orsay

Comment initier une culture des données dans un musée — même sans équipe dédiée ?

Dans cet épisode de Nada to Data, je reçois Laetitia Pouilly, ancienne chargée de la data et de l’expérience visiteur au Musée d’Orsay et de l’Orangerie.

On découvre ensemble comment, même dans une grande institution, une stratégie autour des données visiteurs peut émerger progressivement : à partir d’un poste nouvellement créé, de quelques observations bien choisies, et de beaucoup d’écoute terrain.

Écouter l’épisode : Retrouve l’épisode complet en vidéo juste ici :




Et si tu préfères lire ou aller à l’essentiel, découvre les points clés de notre échange juste en dessous.

Mini-interview : Dans les mots de Laetitia

Quel a été ton point de départ en arrivant au Musée d’Orsay ?

  • "Le musée était fermé à cause du Covid, donc j’ai eu du temps pour poser les bases. J’ai reconstitué le parcours visiteur, étape par étape, en croisant toutes les sources disponibles : site web, billetterie, outils de mesure d’affluence... C’était épars, mais déjà riche."

Une petite victoire qui a eu un grand impact ?

  • "On a découvert que la majorité des appels des adhérents concernaient... la date de fin de validité de leur carte. Une information simple, mais pas accessible. On a installé des bornes et automatisé les rappels. Résultat : du temps libéré pour les équipes, et une meilleure expérience pour les publics."

Ce que tu retiens de cette démarche ?

  • "Chaque outil a ses limites, mais c’est en les combinant qu’on construit une vraie vision. Et surtout : il faut raconter les données de manière humaine. C’est ce qui permet de créer de l’adhésion autour."

Pourquoi c’est inspirant : Ce que montre le parcours de Laetitia, c’est qu’on peut initier de vrais changements sans outils complexes ni équipes dédiées. Avec un peu de méthode, d’écoute et des données déjà présentes, on peut enclencher une dynamique positive dans un musée ou un lieu culturel, à condition de savoir les faire parler et de les rendre accessibles aux autres.

Et si c’était toi le ou la prochaine invité.e ?

Tu travailles dans un lieu culturel, touristique ou de loisir, et toi aussi tu as osé plonger dans les données ? Ou tu connais quelqu’un qui l’a fait ?

Viens raconter ton histoire dans Nada to Data — en audio dans le podcast, ou sous forme de billet de blogue.

Je cherche des récits concrets, simples, vrais. Comme les meilleurs débuts de culture data.

Tu peux m’écrire à karine@laformulemarketing.com

Nada to Data : Vision, audit, priorités — le trio gagnant pour démarrer

Comment bien démarrer un projet data dans le secteur culturel sans paniquer

Commencer un projet data dans une organisation culturelle peut sembler intimidant. CRM, automatisations, tableaux de bord, segmentation du public...
Pas de panique : dans cet épisode de Nada to Data, on revient aux fondamentaux pour avancer sereinement et éviter les erreurs classiques dans la gestion des données publiques.

Avant d’investir dans de nouveaux outils ou de lancer un projet d’analyse de données, il est crucial de poser les bonnes bases :

  • Définir une vision claire : Pourquoi mieux utiliser ses données culturelles ?

  • Faire un audit data simple : Où en est-on aujourd'hui dans l’utilisation de ses outils (CRM culturel, billetterie, plateforme emailing) ?

  • Prioriser ses actions : Par quoi commencer pour maximiser l’impact sans se disperser ?

Le marketing culturel fondé sur les données commence toujours par un premier pas réfléchi, pas par une course aux technologies.

🎧 Écouter l’épisode complet

Dans cet épisode de Nada to Data :

  • Pourquoi construire une vision est indispensable avant tout projet CRM ou automatisation.

  • Comment faire un premier audit data simple pour identifier les quick wins.

  • Comment segmenter son public et personnaliser ses communications sans attendre de gros investissements.

  • Comment planifier ses projets de données pour qu’ils soient soutenables sur le long terme.

L’important n’est pas de tout révolutionner d'un coup, mais de commencer avec des bases solides.

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Voici une mini-checklist simple pour t’aider à faire le point et poser des bases solides avant de lancer ton projet data :

Aperçu de ce que tu trouveras :

  • Pourquoi utiliser cette checklist ? Pour savoir où tu en es vraiment et avancer sans gaspiller ton budget.

  • Définir ta vision : améliorer l'expérience spectateur, fidéliser ton public, optimiser tes ressources internes...

  • Faire ton audit en 3 piliers : outils, ressources humaines, finances.

  • Prioriser tes actions entre quick wins, points bloquants et grands chantiers.

  • Ton premier pas : une petite action concrète à réaliser dès cette semaine !

    Rappelle-toi : tout n’a pas besoin d’être parfait.e. Tu as juste besoin

    de commencer.

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Nada to Data : entretien avec Jean-François Ermel (Grand Théâtre de Québec)

Comment amorcer une transformation numérique quand on part de très loin ? Dans cet épisode de Nada to Data, Jean-François Ermel partage l’expérience du Grand Théâtre de Québec : une vraie feuille de route pour les structures culturelles qui veulent mettre les données au service de leur relation spectateur.

👉 Quand tu es arrivé en poste, quel était l’état de la situation ?

Jean-François Ermel (JFE) : En 2018, on était loin d’avoir une culture numérique. Le site était obsolète, les données en silo, et très peu d’automatisation. Il a fallu rebâtir une vision, restructurer l’équipe, tout en respectant les compétences déjà en place.

👉 Quelle a été la toute première action concrète ?

JFE : Refondre le site web. Mais en mode collaboratif : on a fait appel à des agences pour répondre à notre besoin d’affaires, pas à un cahier des charges figé. C’était le début d’une nouvelle façon de travailler avec nos partenaires.

👉 Comment as-tu accompagné ton équipe dans le changement ?

JFE : La clé, c’est l’implication. On a partagé la vision, installé une culture de la donnée en commençant par des indicateurs simples. Puis on a fait monter l’équipe en compétence grâce à la collaboration avec des experts externes.

👉 En quoi le passage au CDP a-t-il changé les choses ?

JFE : Un véritable changement de paradigme. On est passés de manipulations Excel à une vision unifiée du spectateur. On peut maintenant segmenter, automatiser, personnaliser, mesurer. Et surtout, gagner du temps.

👉 Ton conseil pour une salle qui débute ?

JFE : Repérez les tâches répétitives qui vous freinent. Optimisez ce qui vous fait perdre du temps tous les jours. Commencez petit, mais stratégiquement. C’est comme ça qu’on crée de l’impact.

3 choses à retenir de cet épisode

✅ On peut amorcer une stratégie data même sans expert en interne

✅ Les partenaires externes peuvent être des catalyseurs de compétence

✅ La donnée devient utile quand elle sert à agir (et pas juste à mesurer)

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