Rencontre avec La fille du web, une entrepreneure 2.0

Le 12 mai dernier, j’ai participé au « Collaboratoire » organisé par la communauté Les Inspirés. C’est un événement de réseautage, hors des sentiers battus, en mode millénium.  C’est donc parmi toutes ces personnes allumées que je fais la connaissance de Rim Boukhssimi.

Rim est une jeune entrepreneure enthousiaste, créative et particulièrement inspirante. Elle est plus connue dans son milieu sous le nom de La fille du web.

Si vous n’avez pas eu encore l’occasion d’aller visiter son site, vous y trouverez des outils pertinents et totalement gratuits pour les femmes qui souhaitent – comme elle l’a fait elle-même - créer leur entreprise.

Entre autres, j’ai eu un coup de cœur pour Mon Plan d’affaires Express qui est loin des clichés de la lourdeur du plan ordinaire. Il est sans aucun doute fait pour vous si vous avez une idée à mettre sur papier et envie de la concrétiser.

La bibliothèque digitale est une mine d’or et Rim est super connectée avec son groupe Facebook : «La communauté des #Ladyboss» *. En plus, j'attends avec impatience ses newsletters hebdomadaires.
Puis ajouter à tout cela quelques services payants pour booster vos aspirations !

Pour moi, La fille du web, c’est l’incarnation de la personne qui me dit que tout est possible !

C’est la raison pour laquelle, je souhaitais m’intéresser davantage à la grande marketeuse qui se cache derrière La fille du web : Je lui ai demandé de devenir la première ambassadrice de mon étude sur les tendances du marketing relationnel.

Nous nous sommes rencontrées au Café bigarade, assises sur des balançoires autour d’une grande table en bois. Un entretien épique !

*  Une communauté de femmes où l’on s’entraide, s’informe et partage ses connaissances.

KR : Comment définis-tu ton métier ?

RB : J’aide les femmes à transformer leur passion en business car c’est ce que j’ai fait. Je dis souvent que ma cliente cible, c’est moi il y a trois ou quatre ans. Lorsque j’ai commencé à découvrir le business web et l'entrepreneuriat en ligne, j’étais fascinée. Plus j’apprenais, plus j’avais des étoiles dans les yeux. J’ai eu envie de transmettre ça. Plus besoin d’être malheureux dans un 9 à 5 en attendant de pouvoir vivre pleinement à ta retraite.  Le web en 2016 offre une alternative, tu peux avoir la vie que tu veux réellement. Ça peut paraître un peu « cheesy » mais c’est vrai ! Je bosse pour moi et prendre du temps libre ne dépend que de moi.
Ce que je fais, c’est partager et vendre de l’information et des formations, je suis info-preneur. Mon objectif, c’est inspirer les gens une personne à la fois ! Et ça marche déjà avec toi, car tu me dis que tu l’es !

KR : Quels sont les services que tu offres ?

RB : Avant, j’offrais des consultations spécifiques sur la stratégie, la création web, etc. Mais, je me suis aperçue que, quel que soit le service que mes clientes avaient choisi, on finissait toujours par aborder toutes les facettes de l’entrepreneuriat Web. 
J’ai donc transformé mes offres en deux types. Le premier est un coaching en tête-à-tête où l’on parle des sujets dont ma cliente a besoin. Le deuxième est organisé autour de rencontres de groupe de cinq membres maximum. Chacune des entrevues est structurée. J’utilise des exercices et j’enseigne des techniques spécifiques en marketing, en web, etc. C’est un suivi très personnalisé qui me correspond mieux. 

Je crée également des formations car ce que je veux, c’est outiller les gens. Je souhaiterais maintenant m'y concentrer davantage et garder les deux premiers services pour des projets qui me touchent.

Pour être honnête, ma motivation avec les formations, c’est de créer du revenu passif. Je veux travailler très fort une fois, puis je veux les distribuer. Par la suite, je ferai uniquement du soutien sur mesure.

KR : Tu es, à mon sens, 100% marketing relationnel. Mais pour toi, c’est quoi le marketing relationnel ?

RB : J’assimile ça au terme anglais «personal brand marketing» : je suis mon produit.

Plus précisément, ce que les gens achètent, c’est ma manière de travailler, de présenter les choses, ma vision de la vie et de l'entrepreneuriat.

Lorsque tu viens me voir, cela veut dire que tu aimes la manière dont je vais t’apprendre les choses. Par exemple, tu aimes mon infolettre et tu vas m’acheter un service, car la façon dont je parle te plait, te touche et t’inspire. C’est se mettre en avant sans être dans l’égo.

Pour moi,  le «personal brand marketing» c’est vendre son cerveau, sa vision.

KR : On parlait de lead et de stratégie. Quels sont tes canaux de promotions privilégiés ?

RB : Je fais des campagnes marketing uniquement pour les lancements. Par exemple, en ce moment, je prépare un cours gratuit et j’ai envie d’avoir plus d’abonnés, alors je vais essentiellement investir dans la publicité Facebook.

KR : Comment vas-tu chercher tes clients ?

RB : Principalement par références : des anciens clients ou des anciens collègues – ce qui me permet d’avoir une clientèle de qualité.

J’utilise également les médias sociaux. Par contre, j’ai une approche un peu différente, j’ai d’ailleurs écrit un billet à ce sujet : Comment trouver ses clients sur Facebook. Je ne m’intéresse pas aux likes sur ma page professionnelle, car c’est uniquement une audience et l’algorithme de Facebook ne permet pas à tout le monde de me lire. Je mise beaucoup sur les groupes, pas uniquement le mien mais aussi ceux auxquels j’appartiens et dans lesquels j’interagis. Je me positionne comme une experte et professionnelle en web marketing et entrepreneuriat. Alors quand les personnes ont un besoin qui correspond à mon offre, ils vont se rappeler de moi car j’ai donné des conseils pertinents.

Je me fais aussi des amis, qui ne deviennent pas forcément mes clients, mais qui me recommandent à d’autres. Ce sont des gens avec qui je n’ai jamais interagi mais comme ils me voient souvent sur les groupes, ils ont le sentiment de me connaitre et se sentent en sécurité.

Par la suite, je gagne davantage leur confiance via mon infolettre. La base est dans la confiance et c’est ce type de relation que je veux construire.

KR : Quelle est la proportion des clients qui viennent par référence ? 

RB : Environ 60-70% ! C’est aussi la place que je souhaite leur donner. Ensuite, il y a Facebook qui prend le 30-40% restant. Par contre, en période de lancement, c’est l’inverse car je mise beaucoup sur Facebook.

KR : As-tu recours à d’autres moyens de recrutement ?

RB : Je demande régulièrement à mes abonnés de me confirmer s’ils veulent continuer à me suivre – comme ça je suis sûre d’avoir un petit pool bien engagé.

Twitter fonctionne bien quand je fais des offres pas trop chères ou gratuites.

J’ai un défi, qui se fait beaucoup dans le milieu anglophone, c’est de recruter des clients via Instagram. Dans le monde francophone de l'entrepreneuriat de service, j’en ai assez peu vu à ce jour.

KR : Comment calcules-tu ton retour sur investissement ?

RB : Sur Facebook, je commence à 3$ par jour et j’ajuste mon ciblage au fur et à mesure.
Pour moi un lancement, c’est deux semaines maximum et beaucoup d’investissement alors j’ai intérêt à ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier.

KR: Quelle est ta stratégie commerciale ?

RB : Grâce à mon infolettre, j'ai des abonnés que je peux fidéliser et mettre en confiance, avant de leur vendre quoi que ce soit. J’ai d'ailleurs une liste de contenus déjà programmés : quand tu t’abonnes à La fille du web, c’est que tu es une débutante et que tu as besoin d'information pour commencer.

Aussi, mon infolettre donne droit à un produit gratuit et je gagne la confiance de mes abonnés avec du contenu spécialisé. Vient ensuite la première étape de vente avec un produit de prix moyen, puis la seconde, avec un produit plus cher, mais aussi plus riche en matériel. Ma stratégie s’appuie sur la qualité de mes offres, sur la richesse en contenu, la générosité et la bienveillance. 

KR : À quelle fréquence entretiens-tu des relations avec tes abonnés/clients ?

RB : J'ai deux newsletters : une le mardi et parfois, une le jeudi. Celle du mardi est uniquement centrée sur l’information. Dans celle du jeudi, je fais une offre, de manière très honnête, car je ne veux pas que les gens se sentent obligés d’acheter.

J’ai créé le groupe Facebook « La communauté des #Ladyboss »que j’aime beaucoup. Il y a trois journées phare : Lundi, l'objectif de la semaine, mardi, la promo et le vendredi, c’est le fun ! En général, j’y partage beaucoup de choses comme une nouveauté qui sort sur le marché américain. Je n’ai pas peur de parler de ce que j’ai en préparation, ni de ce qui est à vendre, car je suis au même niveau que tout le monde. Parfois, il y a des personnes qui s’abonnent et que je supprime parce que ça ne fonctionne pas. Ce groupe se veut un endroit sécuritaire et sans jugement pour elles.

KR : Est-ce que tu collectes des données ?

RB : Mis à part les courriels, je ne collecte rien.

Je fais des questionnaires essentiellement pour savoir comment je peux les aider, quel produit va les intéresser le plus ou quel billet de blogue je devrais écrire.

J’ai bien sûr mon Google Analytics qui pointe sur mon site. Je sais qui visite et à quelle fréquence, quand et par quel canal un client est arrivé. Par contre, je n’ai pas ces informations par visiteur.

Pendant les lancements, pour les publicités Facebook, j’ai aussi les taux de clics.

Pour la récolte de courriels, j’ai mis en place plusieurs formulaires et je connais celui qui t’a fait rentrer : la page d’accueil, le bas de page ou encore, le blogue.  Je peux aussi savoir quel formulaire surpasse les autres.

KR : De quelle information tu te sers le plus ?

RB : J’utilise Google Analytics pour suivre la performance de mon site et de mes billets de blog. J’apprends quel billet a eu le plus de succès. Ça me permet de voir quel sujet est le plus susceptible d’intéresser les gens. Je sais également quelles sont les pages  moins performantes, pourquoi, et je peux ainsi améliorer la communication. Enfin, je connais le comportement des gens quand ils arrivent sur mon site et où ils cliquent en premier.

Par exemple, dernièrement ce qui marche le plus c’est Comment créer son entreprise sans quitter son 9 à 5. Si c’est ça qui intéresse les gens, je vais creuser le sujet et en faire plus. Je ne m’attendais pas du tout à ça, je pensais que ce serait un billet du type Comment créer son site web ou encore Faire ma pub.
 
KR : Est-ce que tu utilises LinkedIn?

RB :  Sur Linkedin, je poste mes billets de blogue mais je ne m’y retrouve pas. Je n’ai pas créé ma place en tant qu’entrepreneure.

Ce qui fonctionne bien, c’est Hellocoton.fr, une base de données de blogue. Je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de trafic venant de ce site. Aussi, j’y ai découvert plein de blogueuses sur l'entrepreneuriat en Français, La nouvelle génération d’entrepreneures. Myriam Kebe en fait partie.

KR : As- tu des partenariats avec des entrepreneur(e)s, entreprises ?

Rien de visible pour le public pour l'instant. Mais, j’échange avec beaucoup d'autres entrepreneurs et j'ai des projets de collaboration avec ceux ayant des expertises complémentaires aux miennes (design, productivité, etc.). Je ne sais juste pas encore sous quelle forme..   

KR : Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

RB : Stimuler encore plus de gens. Si j’ai deux personnes inspirées dans ma journée, j’ai atteint mon objectif !